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Histoire de la grèce

La Grèce a une histoire très riche, de la Grèce antique à la Grèce actuelle en passant par l’empire d’Alexandre le Grand, l’Empire romain, la domination ottomane, la guerre civile, et la dictature des colonels.

Préhistoire

Quelques sites paléolithiques sont aujourd’hui connus en Grèce. Les traces de présence humaine les plus anciennes remontent à 700 000 BP dans la péninsule chalcidique, où un crâne de pré-néandertalien a été découvert à Petralona (Πετράλωνα). Par ailleurs, des traces plus récentes, datant de 40 000 av. J.-C. ont été retrouvées. Trois grottes de la vallée du Louros furent occupées durant le Paléolithique. Un crâne d’homme de Néandertal fut découvert dans les environs de Thessalonique.
Dès le VIIe millénaire av. J.-C., des sites, annonçant une « révolution néolithique » déjà bien engagée en Orient, révèlent l’apparition de bergers et d’agriculteurs cultivant notamment la vigne et l’olivier.

Protohistoire

Civilisation cycladique

L’archéologue grec Christos Tsountas a suggéré à la fin du XIXe siècle, après avoir rapproché diverses découvertes sur de nombreuses îles, que les Cyclades auraient été englobées dans une unité culturelle au IIIe millénaire av. J.-C. : la civilisation cycladique[4], remontant à l’âge du bronze. Elle est célèbre pour ses idoles de marbre, retrouvées jusqu’au Portugal et à l’embouchure du Danube, ce qui prouve son dynamisme.
Elle est un peu plus ancienne que la civilisation minoenne de Crète. Les débuts de la civilisation minoenne furent influencés par la civilisation cycladique : des statuettes cycladiques furent importées en Crète et les artisans locaux imitèrent les techniques cycladiques, les sites d’Aghia Photia et d’Archanes en ont apporté les preuves archéologiques. De même, le cimetière d’Aghios Kosmas en Attique a révélé des tombes de type cycladique contenant des objets cycladiques pouvant indiquer soit la présence d’une colonie cycladique, soit une forte proportion de la population d’origine cycladique, en tout cas une influence cycladique certaine.

On distingue traditionnellement trois grandes périodes (équivalentes à celles qui divisent l’Helladique sur le continent et le Minoen en Crète) :

le Cycladique Ancien I (CA I) (3200 – 2800) dit aussi Culture Grotta-Pelos ;
le Cycladique Ancien II (CA II) (2800 – 2300) dit aussi Culture Kéros-Syros, souvent considérée comme l’apogée de la civilisation cycladique ;
le Cycladique Ancien III (CA III) (2300 – 2000) dit aussi Culture Phylakopi.

Civilisation minoenne.
La civilisation minoenne se développe en Crète de 2700 à 1200 av. J.-C.. Tirant son nom du nom du roi légendaire Minos, elle a été révélée par l’archéologue anglais Arthur John Evans au début du XXe siècle.

La civilisation mycénienne est une civilisation préhellénique de l’Helladique récent (fin de l’Âge du bronze). Elle tire son nom de la ville de Mycènes, située dans le Péloponnèse. Cette civilisation avait pour écriture le linéaire B.

L’historiographie moderne appelle siècles obscurs (Dark Ages, « Âges sombres » suivant l’expression anglo-saxonne d’origine), en Grèce antique, l’époque qui va du XIIe au VIIIe siècle av. J.-C.

Les invasions qui aboutissent à la destruction de la civilisation mycénienne marquent le début de la période. Le submycénien commence en 1200 av. J.-C. au maximum et s’étend jusque vers 1015. Il est suivi par le proto-géométrique. Celui-ci se termine avec l’émergence d’Athènes comme foyer culturel, vers 875, caractérisée par le succès d’une nouvelle forme de céramique dite géométrique, et l’avènement de l’âge des cités.

On désigne du terme « époque archaïque » une des cinq époques de l’histoire grecque, définie sur la base des styles de poterie. Elle commence vers 620 et se termine en 480. L’expression est parfois utilisée dans un sens plus large pour la période qui s’étale entre 750 et 480.

En ce qui concerne la Grèce antique, l’époque classique correspond à la majeure partie des Ve et IVe siècles av. J.-C., c’est-à-dire depuis la chute de la tyrannie à Athènes en 510 jusqu’à la mort d’Alexandre le Grand en 323.

L’expression d’« époque classique » est une dénomination postérieure à la période chronologique à laquelle elle renvoie. Les Grecs ont eu conscience que le monde qui existait avant l’épopée d’Alexandre le Grand et la dilatation du monde grec, pouvait être considéré comme un « âge d’or ». De manière plus contemporaine, l’époque classique sert à désigner la période durant laquelle les valeurs et les institutions fondamentales du monde grec trouvèrent leur pleine expression et arrivèrent à maturité.

Considérée comme la période de référence, il n’y a pas de rupture entre les différentes époques. « Époque classique » est une expression historique commode pour les historiens de ces périodes.

Alexandre le grand Articles détaillés : Époque hellénistique, Alexandre le Grand, Guerres des diadoques, Koinè et Art hellénistique.
L’époque hellénistique (IVe-Ier siècle av. J.-C.), si l’on excepte les figures d’Alexandre le Grand et de Cléopâtre, est relativement méconnue. Elle est souvent considérée comme une période de transition, parfois même de déclin ou de décadence, entre l’éclat de l’époque classique grecque et la puissance de l’Empire romain. Cependant la splendeur des villes, telles Alexandrie, Antioche, Pergame, l’importance des échanges économiques, des métissages culturels, le rôle dominant de la langue grecque et sa diffusion vont profondément modifier le visage du Moyen-Orient antique y compris plus tard sous la domination romaine.

L’époque hellénistique a été définie par les historiens du XIXe siècle (le terme « hellénistique » est employé pour la première fois par l’historien allemand Johann Gustav Droysen dans Geschichte des Hellenismus (1836 et 1843), à partir d’un critère linguistique et culturel à savoir l’accroissement spectaculaire des régions où l’on parle le grec (ἑλληνίζειν / hellênízein) et donc du phénomène d’expansion de l’hellénisme. Cependant ce phénomène d’hellénisation des populations et de rencontre entre les anciennes civilisations orientales et grecques se poursuit y compris sous l’« Empire gréco-romain », selon l’expression de Paul Veyne. Les limites chronologiques de la période hellénistique sont donc conventionnelles et politiques : elles débutent avec les conquêtes d’Alexandre le Grand et se terminent quand le suicide du dernier grand souverain hellénistique, la reine d’Égypte Cléopâtre VII, fait place à la domination romaine.
Les travaux archéologiques et historiques récents conduisent à réévaluer cette période et en particulier deux aspects caractéristiques de l’époque, l’existence et le poids des grands royaumes dirigés par des dynasties d’origine grecque ou macédonienne (Lagides, Séleucides, Antigonides, Attalides, etc.) mais aussi le rôle déterminant des centaines de cités dont l’importance, contrairement à une idée longtemps répandue, est loin de décliner.

La période de domination romaine en Grèce s’étend conventionnellement de 146 av. J.-C. après le sac de Corinthe jusqu’à la reconstruction de Byzance par Constantin Ier et sa proclamation en tant que seconde capitale de l’Empire romain en 330 ap. J.-C..

En 395, à la mort de Théodose Ier, l’Empire romain est partagé en deux parties : l’Empire romain d’Occident qui disparaît en 476, et l’Empire romain d’Orient appelé au XVIe siècle Empire byzantin (en grec Βασιλεία Ρωμαίων / Basileía Rômaíôn : Empire Romain) qui dura jusqu’en 1453 et même jusqu’en 1461 à Trébizonde et Mistra. Le terme byzantin vient de Byzance, l’ancien nom de la capitale Constantinople.

Au cours des mille ans séparant l’an 395 de l’an 1453, un certain nombre de valeurs et de savoirs furent conservés par les Romains : État de droit écrit gouverné par le Code justinien, empereur responsable devant le Sénat, absence de servage, collectivités agricoles libres, techniques agricoles élaborées (irrigation), architecture romane, aqueducs, eau courante, tout-à-l’égout et éclairage dans les villes, usage de bains (que nous appelons « bains turcs »), sémaphores et phares, transmission des savoirs antiques, de la philosophie grecque classique et de la médecine hippocratique dans les universités de Constantinople, Trébizonde et Mistra… Ces savoirs ont aussi été transmis aux Arabes qui à leur tour les ont communiqués à l’Occident.

La disparition de la partie occidentale de l’empire romain et le retrait de ses légions romaines, ainsi que les menaces permanentes sur leurs frontières amenèrent les Byzantins à se doter d’une armée puissante, dont la tactique a évolué et commencé à s’élaborer de manière autonome dès le VIe siècle.

Comme empire romain, l’Empire byzantin fut un État chrétien qui, après le schisme de 1054, resta fidèle (orthodoxe) aux dogmes du christianisme du Premier millénaire.

La Grèce ottomane est le terme utilisé pour désigner la période de domination ottomane. La majeure partie de la Grèce faisait alors partie de l’Empire ottoman, dès le XIVe siècle, avant même donc la Prise de Constantinople, et jusqu’à la fin de la guerre d’indépendance grecque au début des années 1830. Le peuple grec a donc été longuement soumis aux Sultans turcs qui occupent militairement leurs territoires en se préoccupant surtout du maintien de l’ordre et en exigeant des impôts de la population. Des guerres éclatent entre les sultans et le peuple qui cherche à se délivrer du pouvoir de ces chefs. Le sentiment national, influencé par les mouvements nationaux et libéraux européens, se manifeste par l’initiative révolutionnaire de la Grèce.

En 1821, les Grecs, Chrétiens orthodoxes se révoltèrent face à la domination de l’Empire Ottoman. Cette révolte réussit, et l’indépendance de fait fut proclamée lors de l’Assemblée nationale d’Épidaure en 1822. L’opinion publique européenne était assez favorable au mouvement, à l’image de Chateaubriand, Jean-Gabriel Eynard, Lord Byron, Francois Pouqueville ou le Colonel Fabvier quelques uns des nombreux philhellènes. La Russie était, quant à elle, intéressée au sort des Orthodoxes grecs. Cependant, aucun pays, telle la France de Villèle, ne bougea, à cause du poids politique et diplomatique de la Sainte-Alliance, et particulièrement de l’Autriche de Metternich, partisan acharné de l’ordre et de l’équilibre. Des Grecs vivant hors de l’Empire ottoman, par exemple l’élite de Constantinople (les Phanariotes) ou des habitants des Îles ioniennes tels que Ioannis Kapodistrias ou Spiridon Trikoupis vinrent rapidement en aide aux révolutionnaires.

Pendant deux ans, les Grecs multiplièrent les victoires. Cependant, ils commencèrent à se déchirer. La Sublime Porte appela à l’aide son puissant vassal égyptien Méhémet Ali. Pour les Grecs, une phase de répressions commença. Cependant, les Russes souhaitaient de plus en plus ardemment intervenir. Les Britanniques, quant à eux, désiraient limiter l’influence russe dans la région. Une expédition navale de démonstration fut suggérée en 1827 par la convention de Londres (1827). Une flotte conjointe russe, française et britannique rencontra et détruisit, sans l’avoir vraiment cherché la flotte turquo-égyptienne lors de la bataille de Navarin. La France intervint, dans un esprit de croisade par l’expédition française en Morée (Péloponnèse) en 1828. La Russie déclara la guerre aux Turcs la même année. Sa victoire fut entérinée par le traité d’Andrinopole, en 1829, qui augmentait son influence régionale.
Ces interventions européennes précipitèrent la création de l’État grec. La Conférence de Londres (1830), où se réunirent des représentants britanniques, français et russes, permit en effet l’affirmation de l’indépendance grecque que la Prusse et l’Autriche autorisèrent. La France, la Russie et le Royaume-Uni gardèrent ensuite une notable influence sur le jeune royaume.

Grèce moderne et contemporaine

Dictature des colonels

La dictature des colonels est le nom donné au pouvoir politique en place en Grèce de 1967 à 1974, qui provoqua en outre l’exil du roi Constantin II monté sur le trône en 1964. Cette dictature est issue de la prise du pouvoir par une junte d’officiers alors dominée par Yeóryos Papadópoulos.

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